Deuxième soirée du Festival Les Nuits pianistiques : le Trio Forte Cazaq

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29 juillet, 19h30, Auditorum Campra, Conservatoire Darius Milhaud

Après la soirée d’ouverture consacrée au grand répertoire pour piano seul, les Nuits pianistiques retrouvent l’intimité de la musique de chambre. Dans le trio avec piano, aucune voix ne s’efface : le clavier, le violon et le violoncelle construisent un même discours, fait d’écoute, de respiration et de tension partagée.

Fondé en 2013, le Trio Forte Qazaq, composé du violoniste Maxat Jussupov, du violoncelliste Murat Narbekov et du pianiste Timur Urmancheyev, s’est imposé comme l’un des principaux ambassadeurs de la musique de chambre kazakhe. Son jeu, précis et généreux, privilégie l’équilibre des timbres et la richesse du dialogue.

Le programme réunit deux sommets du romantisme russe. Rarement entendu, le Premier Trio d’Anton Arenski est sans doute son chef-d’œuvre. Héritier de Tchaïkovski et maître de Rachmaninov, Arenski y déploie une écriture d’une remarquable fluidité, où le lyrisme se nourrit d’une conversation permanente entre les trois instruments. Derrière son élégance se dessine une musique de la confidence, alternant ferveur, lumière et mélancolie.

Cette filiation trouve son origine dans le Trio op. 50 de Tchaïkovski, composé À la mémoire d’un grand artiste. L’œuvre est moins une élégie qu’une vaste fresque où un thème initial irrigue un cycle de variations jusqu’à une conclusion bouleversante. Deux partitions qui montrent combien, dans la tradition russe, le trio avec piano devient le lieu d’un chant partagé, où la virtuosité s’efface devant la profondeur de l’expression.

Florence Lethurgez