Récital d’Attila Szaniszló : Liszt, figure janusienne du piano romantique

Au point central de cette édition 2026 des Nuits pianistiques, le récital d’Attila Szaniszló est consacré à un Liszt multiple. Lauréat du Grand Prix de S.A.R. la Princesse Lalla Meryem 2025 de Rabat, le pianiste hongrois suit les lignes de force de son grand répertoire pour piano, de la confidence des Liebesträume et de la Consolation n° 3 jusqu’à la vaste narration de la Sonate en si mineur. Entre les deux, les Réminiscences de Norma ouvrent l’espace du théâtre ; la Méphisto-Valse y fait entrer de l’ambiguïté. Son jeu privilégie la profondeur du timbre à l’éclat, laisse les harmoniques se déposer, fait circuler les voix sans les surligner. Les élans sonores ne cherchent pas à faire des effets de matière : ils semblent naître d’une nécessité intérieure. L’ensemble du programme voudrait rappeler que, chez Liszt, la virtuosité est avant tout une manière de penser le son, tel Janus, de la Porte des Hommes à la Porte des Dieux.
Florence Lethurgez
