Présentation du troisième concert : l’Orchestre de chambre Atlantide

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Après deux soirées placées sous le signe du piano, d’abord seul avec Estefan Iatcekiw, puis au cœur du romantisme russe avec le Trio Forte Qazac, cette troisième étape des Nuits Pianistiques élargit l’horizon sonore et géographique. L’intimité du récital et le dialogue chambriste cèdent la place à la palette de timbre diversifiée et toujours délicate de l’orchestre de chambre, composé de neuf musiciens avec le directeur musical. Le festival poursuit ainsi son fil conducteur : faire entendre une même exigence musicale à travers des formations et des esthétiques différentes.

L’Orchestre de chambre Atlantide, fondé en Espagne, conjugue précision stylistique et chaleur de timbre. Sous la direction de Manuel Tévar, pianiste, compositeur et chef d’orchestre, l’ensemble cultive une lecture vivante des œuvres, attentive aux équilibres entre les instruments, au phrasé thématique et à la subtilité des textures. Leur manière de laisser circuler la lumière du sud dans le son, convient particulièrement à ce programme ciselé.

La soirée s’ouvre sur deux pages retranscrites d’Isaac Albéniz, Rumores de la Caleta/MacFarlane et Mallorca, dans des orchestrations qui prolongent l’écriture pianistique. Les rythmes andalous, les brises marines, les harmonies singulières dessinent un paysage aux couleurs palpables. Córdoba/Clements, autre joyau, déplace la lumière vers une intériorité contemplative, comme un souvenir, une rémanence qui demeure après le voyage.

Entre ces deux rives espagnoles, Mozart et Dvořák offrent leurs sérénades. La Sérénade en mi bémol majeur K. 375 pour sextuor de vents est un modèle de conversation musicale. Chaque instrument y possède sa voix propre ; les thèmes passent de l’un à l’autre avec évidence et transparence. La simplicité apparente est en réalité profondeur pudique.

Avec la Sérénade pour vents en ré mineur op. 44, Dvořák reprend la tradition mozartienne en lui donnant une ampleur romantique. Les vents dialoguent avec les cordes dans une écriture où se mêlent danse populaire, nostalgie et lyrisme, trois caractéristiques de son écriture. Derrière la fluidité des mélodies affleurent les paysages de Bohême, leurs couleurs changeantes et cette joie méditative qui traverse tant de pages du compositeur.

FlorenceLethurgez